Pour cause d'été , de vacances, de flemardise, et aussi de" retouches" etc..!
Je le récris aussi au propre pour le mettre comme le précedent su Calemeo.
Vous me reverrez ici cet automne. A bientôt Jojo
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Le bois de châtaignier à droite après la barrière, le grand champ de Vidalie en haut de la pâture, le champ de blé noir et de
pomme de terre d'Antoine. Sur la partie gauche la haie solide, qui séparait les prés voisins, n'avait aucun besoin de surveillance et souvent les vaches se retrouvaient prés
de la garenne de chênes qui prodiguait une ombre bienfaisante en début de soirée lors de grandes chaleurs.
Très souvent Jojo et Yvette retrouvaient d'autres enfants en mal de jeu, Odette pas très joueuse, Robert un peu plus âgé, de temps en temps les deux Hélenes apparaissaient quand leurs parents
venaient dans leurs champs au dessus du prés. Le chien " schouss" était toujours présent et veillait sur le troupeau, si une bête essayait de franchir une clôture ou tentait de s'approcher des
récoltes, il suffisait de lui dire "vei lo quéré lo rouchello" va la chercher la Rousse pour qu'aussitôt la vache soit ramenée au coeur du troupeau sans ménagement. Les enfants ne s'ennuyaient
jamais, ils trouvaient toujours un jeu pour les occuper, c'était de grimper dans les arbres, faire des barrages dans les rigoles, essayer de faire sortir un grillon de son trou, jouer à cache
cache et d'autres jeux improvisés qui,souvent, consistaient à imiter ce que faisaient leurs parents.
Certains étés les orages étaient fréquents, les enfants avaient appris que cela pouvait être dangereux, aussi sans en avoir
vraiment peur ils se méfiaient, mais si Antoine ou Rose jugeaient que l'orage pouvait être violent il venaient chercher les enfants et les bêtes avant qu'il n'éclate. Il arriva pourtant qu'un
jour, le matin ce qui était plutôt rare , l'orage précédé d'un vent violent, arriva trés vite , et Antoine n'eut que le temps de rejoindre les enfants dans la cabane un peu
inquiet.
- Et bien! il est arrivé vite celui là, on dirait que ça se calme on va attendre un peu.
Il n'avait pas fini sa phrase qu'un éclair fulgurant s'abattit sur un des deux chênes près de la cabane , provoquant un déflagration terrible et faisant tomber des morceaux de branche a moins de
dix mètres de leur abri. Antoine sortit comme une flêche en disant aux enfants apeurés de ne pas bouger. Il n'avait pas fait trois pas dehors que des trombes d'eau se mirent à tomber en
cataractes suite au second éclair et au craquement du tonnerre qui venait de se renouveler cent mêtres plus loin.
Cet épisode eut au moins un mérite, c'est qu'Antoine laissa à d'autres le soin de continuer la guerre , et que mitraillette
disparut de la maison tranquilisant Jojo et sa mère qui en avait toujours eu un peu peur.
Ce fut à nouveau les vacances. Yvette revint comme tous les ans , son père Louis vint donner un coup de main pour la moisson aider Antoine handicapé. Hélène de Brive réapparut rejoindre sa
cousine. Cette année les vacances se passèrent dans une autre ambiance, malgré la blessure d'Antoine qui se rétablissait rapidement. La guerre maintenant se passait ailleurs en remontant
vers le Nord, semant ici et là encore terreur et désolation. La libération des grandes comme Limoges, Poitiers, Chateauroux,etc... et les " poches" de Saint Nazaire, Bordeaux, La
Rochelle faisaient encore de nombreuses victimes parmi les Forces Française et les populations civiles. Les allemands en général, moins combatifs fuyaient ou étaient faits faits
prisonnier , devant des maquisards de mieux en mieux armés et plus organisés, mais ils laissaient souvent derrière eux des gens affamés et apeurés par plusieurs années de privations,
d'humiliations, de violences, mais libres.
En dehors de la soeur d'Antoine, la mère d'Yvette, on ne voyait pas grand monde au village. La nourriture à Brive comme ailleurs se faisait rare, aussi il arrivait qu'à l'heure du car se
présentait à la maison, un couple, ou une personne seule, inconnus, qui proposaient d'échanger des choses souvent inutiles, mais d'un peu de valeur, contre une tourte de pain , un poulet ou
simplement deux kilos de pommes de terre. Il arrivait qu'il repartent avec quelque nourriture, mais le plus souvent c'était un peu de pain en échange de rien. Antoine ne pratiqua jamais le
"marché noir ", il accepta avec Rose quelques échanges avec sa soeur ou des gens connus, c'était toujours contre des vêtements pour la famille, de l'épicerie, huile , sucre, café et autres
denrées rares et chères. Mais pas d'échanges contre de l'argent, pourtant il arrivait qu'il y en ai trés peu à la maison.
La vie quotidienne des enfants pendant les grandes vacances était réglée par la garde des vaches matins et soirs. Le pré était leur domaine, ils en connaissaient chaque mètre carré par
coeur, chaque faiblesse des haies de clôture, que les bêtes connaissaient aussi et qu'il fallait surveiller d'un peu plus prés.
L'établissement se composait d'une pièce commune , qu'on empruntait pour accéder à une grande salle de restaurant, par une large porte presque toujours ouverte, les boissons étaient aussi servies dans cette pièce. Antoine après avoir dit quelques mots au patron qu'il connaissait bien, s'apprêtait à rejoindre ses camarades déjà attablés, il décrocha sa mitraillette de son épaule , chargeur replié, pour la poser sur une chaise vide , puis cherchant des yeux une autre chaise pour s'asseoir tout en tenant l'arme par le canon, machinalement posa la crosse un peu brutalement sur le plancher, le coup partit aussitôt, la balle restée dans le canon entra dans la paume de sa main , ressortit un peu en dessous du coude , traversa l'étagère au dessus de l'imposte de la porte et s'arrêta au plafond , marquant ce dernier d'un bel impact que Jojo put contempler , ainsi que le trou de l'étagère pendant toute sa scolarité ( il prenait son repas tous les midi dans cette pièce).
A la maison ce fut un terrible drame. Antoine fut ramené par René et deux autres collègues, le bras bandé d'un linge ensanglanté . René , vers une heure du matin entra entra le premier et appela.
- Rose lève toi, Antoine s'est fait mal mais ce n'est pas grave , faut allumer le feu et faire bouillir de l'eau vite!
Rose à peine réveillée sortit de la chambre en chemise de nuit, le cri terrible qu'elle poussa en apercevant Antoine le
bras plein de sang, réveilla Jojo, puis elle s'écroula évanouie au bas des deux marches de l'escalier, se cognant la tête sur la dernière marche. Jojo s'était levé affolé par les cris
il ne put apercevoir que son père assis à la table le bras rouge de sang et René qui essayait de réveiller sa mère en passant un linge mouillé sur sa figure. Il ne regarda
pas longtemps mais il vit Rose reprendre un peu ses esprits , et René s'affairer à allumer le feu et mettre l'eau à bouillir dans le chaudron . Son père toujours assis à la table se
tenait le bras en grimaçant de douleur , il renvoya quand même Jojo au lit qui pleurnichant, se rendormit rapidement.
Antoine fut conduit le lendemain matin à l'hôpital de Brive, il y resta une quinzaine de jours mais resta le bras bandé et en écharpe pendant plusieurs semaines, ce qui le gênait énormément pour
les travaux de la ferme que Rose avait du mal a assumer. De plus il resta légèrement handicapé de la main droite le restant de ses jours.
ainsi que les reflets du soleil sur son fuselage. Jojo avait l'impression qu'il venait prendre son élan, très haut dans le ciel ,
juste au dessus du fonddu pré. Le bruit du moteur de l'appareil leur parvenait aussi trés nettement malgré la distance. Lors de chaque " piqué" au moment où il commençait sa descente le bruit
s'amplifiait au fur et à mesure de son accélération, s'atténuant brusquement dés qu'il disparaissait derrière la colline en fonçant vers la vallée on entendait mieux le crépitement de la
mitrailleuse et deux ou trois " boum" plus sourds.
- Tu entends les bombes disait Antoine
Puis on l'entendait presque plus,faisant penser qu'il était tombé, mais quelques secondes après la DCA déclenchait son tir et l'avion reparaissait tout à coup au dessus des arbres de la
garenne, brillant dans le soleil, et de quelques éclairs de balles traçantes. Le large demi cercle exécuté, pour repartir vers son objectif il recommençait son harcèlement. Jojo, tout en étant
pas très rassuré , jouissait du "spectacle" et Antoine pas plus fier que ça disait.
-J'espère qu'il ne va pas se faire descendre, il est culotté ce gars là!
Puis après encore deux ou trois plongées, lors d'une remontée il décrivit un large quart de cercle et mit le cap plein nord, semblait-il sa mission accomplie.
Antoine participait de plus en plus souvent à des coups de main peu dangereux, mais fréquents, c'était des surveillances de carrefour routier, pour indiquer des directions aux FFI de plus en plus
nombreux, aussi pour essayer de coincer des miliciens en fuite. C'était toujours des sabotages de voie ferrée ou plus tard des réparations sommaires pour que puissent circuler les trains civils.
Ils effectuaient aussi des comptages de véhicules Allemands qui remontaient toujours du sud , cela permettait de renseigner les alliés d'évaluer ce qui allait leur tomber dessus quelques jours
plus tard. Cela se passait souvent de nuit et vers la fin juin, un soir Antoine était parti à Saint Pardoux surveiller la route de Tulle avec René et quatre autres partisans, conformément aux
ordres, vers 11 heures la relève arriva. Après avoir passé le consignes, le groupe décida d'aller boire un verre au café Chazal pas encore fermé.
Ces deux actes,parmi d'autres moins graves dans leur horreur , dés qu'ils furent connus , laissèrent les populations du
Limousin complètement abasourdie , n'ayant connu une telle barbarie depuis des siècles . La haine et l'envie de vengeance contre les auteurs de tels actes, marquèrent les habitants jusqu'à leur
mort. Hélas comme la plupart des responsables de ces horreurs ils mourront plus ou moins tous dans leur lit cinquante ou soixante ans plus tard.
Au village , cet épisode de la guerre, horrifia aussi tout le monde. Pendant ce temps les maquisards ne perdaient pas de temps , harcelant et attaquant les groupes d'allemands isolés leur causant
quelques dommages de temps à autres, débusquant les traîtres délateurs et autres miliciens. Il arrivait aussi qu'il se faisaient accrocher , notamment sur la nationale 20 au dessus de
Donzenac où de jeunes partisans, sans trop d'expérience voulurent s'en prendre à une petite colonne blindée . Ils causèrent peu de dégâts au convoi, mais laissèrent dix sept morts sur le
carreau, ensuite les proches habitants du secteur subirent de fouilles en règle, des maisons et des fermes furent brûlées, les habitants malmenés, des bêtes abattues etc.. Un copain d'Antoine dû
rester caché deux semaines dans un petit souterrain sans sortir, sa mère lui apportant à manger et à boire en faisant semblant d'aller garder les vaches.
Malgré tout l'espoir était revenu, les convois motorisés remontèrent encore quelques jours dans un certain désordre. Plusieurs trains de blindés et d'armement furent déraillés sur Cahors, Brive,
Allassac. Jojo put même voir un jour qu'il était allé au pré avec son père, un avion qui mitraillait et bombardait la gare de Donzenac. Avec Antoine cachés sous le noyer, ils l'observèrent
pendant un bon moment. L'avion qui, après avoir piqué sur ce qu'Antoine désignait comme la gare, en bombardant au début, mitraillant ensuite remontait dans le ciel, très haut, accompagné
semblait-il d'éclairs fulgurants ( ce sont des balles traçantes de la DCA disait Antoine)
Au village, Antoine se méfiait, car il sentait bien que ça bougeait de plus en plus depuis l'histoire de Donzenac. Une nuit même,
Antoine et Rose eurent très peur car une voiture tout terrain descendit le chemin devant la maison , sans s'arrêter et fila vers la vallée. Antoine qui s'était levé pensa que c'était des gradés
allemands qui rentraient sur Tulle et qui avaient trouvé ce raccourci sur une carte d'état major. Ce furent les seuls allemands qui passèrent par là pendant la guerre.
Sur la route nationale , de petites colonnes de véhicules commencèrent à remonter sur Limoges vers la mi mai. Antoine disait que c'était des petites unités de logistique qui devaient préparer le
terrain et l'intendance pour la future grosse " cavalerie" qui tenterait de rejoindre un hypothétique point de débarquement des alliés qui, d'après ce qui se disait, devait se situer quelque part
entre Brest et Calais.
Cette situation d'incertitude pour le commandement Allemand, ajouté à des harcèlements de toutes part, par des groupes de partisans de plus en plus organisés, mieux armés et souvent bien
renseignés, rendit nettement plus nerveux et agressives les premières grosses unités allemandes qui remontaient vers le Nord. Dés le début Juin, sitôt que furent connues les rumeurs du
débarquement allié imminent ils devinrent totalement furieux, à l'image de la division Das Reich. Cela avait commencé dans le Lot d'abord par des actes isolés de pillages et réquisitions de
toutes sortes, ensuite de violences à petite dose s'amplifiant par des viols, fusillades d'innocents, incendies de fermes etc..! cela continua à dégénérer au fur et à mesure de la progression des
colonnes sur Figeac, Cahors, Souillac, Saint Céret Beaulieu etc.. Le point d'orgue des atrocités de cette horde nazi fut accompli en premier lieu à Tulle le 8 juin 1944 où 99 jeunes innocents ,
pris en otage, furent pendus aux balcons et crochets des boucheries de la rue principale , devant les femmes et les enfants horrifiés, avec un déchaînement de violence et d'horreur , marquant les
habitants de cette région pour des décennies d'une haine farouche du nazisme.
Pour compléter le tableau, une autre unité de la même division nazie, attaqua sans aucune raison que la furie et la
barbarie, le petit village d'Oradour sur Glane à l'ouest de Limoges, où près de 700 personnes dont plus de 200 femmes et une centaine d'enfants furent rassemblé dans l'église, fusillés à la
mitrailleuse et enfin brûlés vifs pour la plupart au lance flamme. Le reste de la population fut rassemblée dans les granges par petits groupes dans les granges furent fusillés et les bâtiments
incendiés.
Leur arrivée au camp fut saluée par des hourras! et congratulations de la part de la vingtaine de maquisards présents ce jour
là.
Du coup le groupe se retrouvait avec un parc automobile intéressant , et de quoi le faire rouler, outre le camion qu'il fallait repeindre il y avait la Juva de Babin, Charlot arrivé avec une 202
Peugeot , ce qui faisait de quoi transporter une demi section et qui étaient bien décidée à mener la vie dure aux convois allemands qui remonteraient du sud, obéissant ainsi aux directives de
Londres.
Dans la soirée François et Babin, qui n'avaient pas abandonné l'idée d'aller dans le Jura , du fait que le problème du carburant
était réglé , ils se penchèrent à nouveau sur un itinéraire déjà connu par coeur. Il fallait ensuite avouer leurs intentions au chef Charlot et à leurs compagnons avec lesquels des liens
fraternels s'étaient tissés durant cette année et demie passée plus ou moins ensembles. La première des chose pour Babin surtout était d'essayer de mettre Sarah en sécurité en Suisse. Antoinette
voulait voir du pays , elle avait appris que son mari avait été déporté à Dachau et qu'il était certainement mort à ce jour. Quant à eux en dehors de donner un coup de main aux maquis du Jura ,
une autre idée leur était venue c'était de s'engager dans les forces Françaises libres . Selon la tournure que prendraient les évènements , si le débarquement imminent des alliés se
précipitait ils auraient bien aimé faire partie des libérateurs , et comme de bons parisiens d'adoptions participer à la libération de Paris.
Dans l'immédiat, les prochains jours seraient décisifs, déjà une embuscade était prévue sur la Nationale 89 à la hauteur de la route de Sainte Fortunade avec les groupes d'Aubazine et Favars. En
attendant, les allemands , peu nombreux dans la région et pas trop violents avaient tout de même fait parler d'eux , malmenant quelques personnes , menaçant ici et là, effectuant de plus en plus
de contrôles de nuit et de jour , cherchant à se faire aider à débusquer des partisans, promettant de payer les informateurs. Mais compte tenu de l'hostilité des correziens en général à leur
égard ils ne trouvèrent que peu d'écho à leur demande et du fait de la difficulté et la complexité du relief, il n'y eu jusque là que de rares exactions. Ensuite il était plus difficile de
les attaquer car depuis l'épisode du camion d'essence , ils ne se déplaçaient que lorsque c'était indispensable et en groupe fortement armé.
Effectivement, cela se passa le plus simplement du monde , le groupe était venu à six , deux au bout du pont pour prévenir de
l'arrivée des allemands et quatre autres à l'autre bout , deux de chaque côté de la route cachés dans le fossé assez creux à cet endroit, invisibles depuis la route.
Le petit camion arriva à proximité du pont avec un peu d'avance, à 7H.25 à la montre de François. Répétant la manoeuvre quotidienne : ralentissement , la seconde vitesse enclenchée au début
du pont, le virage sec à droite après le pont à peine à 15 km/h. Charlot à gauche, Babin à droite, le visage masqué , derrière eux en couverture François et André sortirent de leur cachette . Un
léger sprint, permis aux deux premiers d'être sur les marche pieds en quelques secondes. Les vitres des deux portières volèrent en éclat avant que les deux allemands, médusés, n'aient compris ce
qui se passait, Charlot en langue allemande, qu'il maîtrisait parfaitement , leur fit comprendre d'arrêter le véhicule sinon ils ne reverraient pas leur pays. Tout alla très vite ensuite, les
deux convoyeurs furent extraits manu military de la cabine. François sauta au volant, Babin à ses côtés. Pendant ce temps Charlot et André avaient ligoté les deux allemands laissés pieds et
poings liés au bord du fossé , les deux sentinelles des bouts du pont avaient rappliques , et le groupe au complet démarrait en direction de Donzenac, les quatre équipiers s'étaient juchés sur
les jerricans , aux aguets, prêts à tirer en cas de danger.
Le petit camion chargé de plus d'une tonne d'essence et des six gaillards , ne pouvait que difficilement prendre de la vitesse en démarrant en pleine côte, mais il atteignit sans encombre le
premier virage avant l'entrée du bourg et la route de Sainte Féréole sur la droite de la nationale ce qui était leur premier objectif. La petite route amorçait une descente, ce qui permit à
l'équipe de la vitesse et après quelques centaines de mètres vers la vallée ils comprirent qu'ils avaient réussi , en tous cas que le plus dur était fait et c'est avec joie et soulagement que le
petit Mercedés attaqua la côte de Sainte Féréole , ensuite les petites routes ou bon chemins vers St Germain les mèneraient jusqu'au camp sans grand risques. Le petit camion était un peu poussif,
mais il conduisit l'équipe à bon port.
Babin et François avec deux autres maquisards avaient été chargés du repérage et d'une stratégie d'attaque. Ils avaient
choisi le Virage du pont de Donzenac . Si ce projet paraissait audacieux d'un premier abord après deux matins d'observation, il leur apparut d'une facilité déconcertante. En effet avec une
régularité qui ne pouvait faire mentir la rigueur allemande , le petit camion Mercedes bâché bas transportait environ un millier de litre de carburant stockés dans des jerricans que l'on devinait
sous la bâche, arrivait en bas de la descente de Saint Antoine un peu avant le pont sur le coup de sept heure et demie huit heure moins vingt , pas d'escorte, seulement un conducteur à
gauche et un coéquipier à droite qui devait avoir une arme sur les genoux. Babin et son équipe avaient pu observer le cheminement du véhicule depuis une vieille cabane de jardin à quelques
dizaine de mètres du bas de la côte. Le rituel du passage du pont se répéta pour la deuxième fois d'une façon identique à celui de la veille. Arrivée du camion à l'entrée du pont en seconde
à environ 30 km heure, ralentissement, passage du virage en équerre mais très sec a une allure de piéton pressé et accélération très progressive dés le virage passé mais la vitesse ne
dépassait pas encore 20 km/h 50 mètres plus haut. Babin résumait la situation dans leur abri.
- Il faut leur sauter dessus, un à chaque portière, dés la sortie du virage , les mettre en joue , les sortir de la cabine les ligoter prendre leur plaçe et hop! le tour est joué , et François
d'ajouter.
- Cela parait presque trop facile , pourvu qu'il n'aient pas l'idée de mettre une escorte demain matin tout devrai bien se passer.
Babin continuait de réfléchir à haute voix.
- Il faudra mettre deux ou trois gars pour barrer la route de part et d'autre pendant la manoeuvre, tu vois pas qu'un civil en vélo ou autre passe à ce moment là.
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